mercredi 2 avril 2014

Le racisme latent dans les séries télévisées américaines

Vous le savez certainement, je suis fier de bien parler anglais, fier de ne pas avoir besoin de sous-titres quand je regarde des films et des séries en langue anglaise, et suffisamment snob pour vouloir les regarder sans sous-titre parce que je trouve que ça gâche l'image et souvent les traductions faites par des amateurs souffrent justement d'amateurisme. entre l'argot non compris, les expressions usuelles, les niveaux de langage, tout ça traduit à la truelle et reproduit dans un français même pas grammaticalement correct, je ne peux pas le supporter.

Mon introduction n'avait rien à voir avec le vrai sujet, mais il me fallait une introduction sinon je plongeais dans le vide. Mon vrai sujet est le racisme via le prisme des séries télé ricaines (oui, c'est le titre de l'article) et principalement Star Trek.
J'ai récemment revu avec grand plaisir toute la série Deep Space Nine, et un truc m'a d'abord surpris, puis franchement choqué: les relations intimes entre les personnages.
Une Trill (espèce extraterrestre humanoïde blanche avec des taches) peut être amoureuse d'un Klingon (espèce extraterrestre humanoïde à la peau un peu sombre violents de nature avec des trucs sur le front, genre des rides mais en moins mou), une Bajorane (espèce humanoïde à la peau blanche avec des stries sur le nez) peut s'éprendre d'un Ferengi (espèce humanoïde avec de grosses oreilles et à la peau couleur latex genre les maquilleurs avaient assez de boulot à faire la forme du masque, on allait pas en plus se faire chier à y donner une vraie couleur) et j'en passe et des meilleures.

Le capitaine de la station est un américain noir. Il est arrivé à son poste de manière conventionnelle, et le racisme n'existant plus dans l'univers de Star Trek, rien ne l'a jamais empêché de prendre ses fonctions. Souvenez-vous que c'est un univers utopique sans plafond de verre où tout un chacun peut accéder au poste qu'il souhaite s'il en est capable et pour peu qu'il s'en donne les moyens.
Ce fameux capitaine, Benjamin Sisko, noir, n'aura des romances qu'avec des femmes humaines noires, et c'est là que le bât blesse, l'univers décrit est utopique mais le script, lui, est profondément ancré dans son époque. Un noir peut réussir dans la vie, pas de problème, mais il est hors de question que même hors caméra il couche avec un personnage joué par une actrice blanche, oh non, ça ferait scandale. Si c'est un Klingon (bien que l'acteur soit noir) ça passe, et c'est une belle histoire entre Worf et Jadzia Dax, mais Sisko ne peut dans le scénario avoir que des relations avec des femmes noires. Le fils du capitaine, Jake, lui, peut sortir avec des femmes à la peau claire mais puisqu'il est mineur, évidemment il n'y a aucune relation sexuelle à la clé (puisque tout le monde sait bien que les adolescents n'ont pas envie de sexe, ce n'est qu'à la majorité que la question se pose)

On passera aussi sur la description dans le caractère des races extraterrestres, les Klingons sont violents et sur bien des points sont une caricature des islamistes intégristes, à la limite du terroriste, mis à part évidemment certains personnages, en particulier Worf qui a été banni pour avoir rejoint la fédération (aussi connue sous le nom des gentils américain qui recherchent la paix dans l'univers mais tout le monde leur en veut parce que leurs idéaux sont incompris par les races belliqueuses) et on tentera d'oublier que les Ferengis sont une copie conforme des juifs tels que décrits dans les plus beaux manuels du troisième reich, le nez crochu a été remplacé par les oreilles mais l'appât du gain a été exacerbé. Pour ajouter l'insulte à l'injure, c'est un juif qui joue le Ferengi qu'on voit le plus.

Star Trek cherche à décrire un monde meilleur débarrassé de ses castes et de ses préjugés mais les scénaristes se sont contentés d'une vision très, voire trop, contemporaine et n'ont pas su briser les murs entre les ethnies, se servant du melting pot inter-espèce pour simuler une diversité et l'épanouissement des cultures.

Un autre exemple de racisme se trouve dans les fiction plus proches de nos époques, par exemple Friends, pas besoin de présenter cette série, j'espere. Typiquement une série pour les blancs. Il n'y a presque aucun personnage de couleur là dedans, et s'il y en a, ce sont des noirs à la peau franchement claire, et surtout, SURTOUT, même si un mâle blanc peut avoir une liaison avec une femme vaguement noire, l'inverse est hors de question. Le ku klux klan a bien fait son travail, je dirais: dans l'idéologie du klan la femme blanche devient souillée si elle couche avec un homme de couleur. Pour un homme ça passe, après tout, l'homme blanc possede les gens de couleur, il peut jouir de sa propriété comme il l'entend, mais la femme est inférieure à l'homme et est aussi une propriété, donc un homme noir qui s'acoquine avec une femme blanche en vient à la posseder à son tour, et de fait vole la propriété de l'homme blanc.

Pour la tranquillité des peuples, l'américain a donc créé des séries spécifiquement écrites pour un public noir, avec des acteurs noirs. Je connais mal ces séries là parce qu'elles ne m'attirent pas, les tenants et aboutissants ne s'adressent pas à moi. J'ai tout de même pu tomber comme tout le monde sur quelques épisodes d'une série ou d'une autre sur ce modèle. Loin de proposer de rassembler les ethnies et de faire le jeu de la diversité, ces séries là ne font que renforcer le clivage jusque dans le vrai monde véritable. Les noirs dans les séries ont une grammaire bien à eux, complétement incorrecte, pour encourager les vrais noirs qui regardent ces séries à ne pas parler correctement et de fait à les exclure du système éducatif.


Bien évidement l'idéologie américaine vante l'égalité des chances sans discrimination selon la couleur de peau ou la religion, mais dans le fond la culture véhiculée par la télévision continue de creuser le fossé pourtant déjà profond entre les noirs et les blancs.