samedi 22 septembre 2012

At least once a year

Au moins une fois par an ,je fais une note sur le fait que j'ai pas d'inspiration pour une note. C'est con, ça sert à rien, ça meuble un peu, ça m'évite de raconter des trucs un peu trop personnels, ça me permet de placer des jolis mots comme "dithyrambique" sans avoir à le placer dans un contexte. Catalyseur, étymologie, sacerdoce. Voilà, c'est fait.
L'autre raison pour laquelle depuis quelques temps je vous délaisse un peu, c'est que la langue dans laquelle je pense n'est pas la langue principale de mes lecteurs. Quand je sors une beer de mon fridge, je ne peux m'empêcher de dire à haute voix "I hate myself so much for this", mais déjà en achetant ma biere, au moment de la mettre dans mon panier, "I shouldn't but I need it", et en la ramenant à la maison le musicien en moi commence à entonner "she's so heavy" (The Beatles, Abbey Road).
La barriere du langage n'est pas bloquante avec tout le monde, heureusement, monsieur K, Brother, B:., et d'autres très proches parlent ma langue, ma vraie langue. Je vous l'avoue aujourd'hui, Nigel n'est qu'un nom d'emprunt (pour ceux qui ne le savaient pas, mais bon je sais que tout le monde le sait, c'est pas une vraie révelation) mon vrai prénom comporte un accent aigu.
Depuis que je sais écrire mon nom, j'ai refusé de mettre cet accent, et je n'ai jamais vraiment su pourquoi. Par la suite, j'ai perdu des notes aux dictées connement lors du primaire ou du college. Je n'avais que dix-huit sur vingt de moyenne en dictée alors que je connaissais parfaitement l'orthographe de tous les mots demandés. C'est pas juste. L'accent est necessaire au participe passé, mais dans presque tous les autres cas, il ne sert à rien. Un jour quand je serai maître du monde je retirerai les accents qui ne servent à rien. Pour tout vous dire, en écrivant cette note, ça me blesse de voir un zigouigoui rouge en dessous du mot "necessaire" juste parce que j'ai oublié l'accent. Le prononcerions-nous différemment sans accent? Cet accent est il vraiment indispensable?
La langue française est la seule langue que je connaisse à ne pas avoir d'accent tonique. En espagnol il y a des signes pour indiquer que l'accent tonique n'est pas là où la grammaire l'aurait naturellement placé. En anglais par contre, ma vraie langue, l'accent tonique existe et je peux le placer naturellement, pourtant je suis incapable de dire quelle règle détermine sa position.
Mais je m'écarte de mon sujet, Un de mes proches, l'un des plus lettrés parmi mes proches, a été confronté à un con le traitant d'analphabete, et il s'est avéré que le mot sur lequel il a été repris a été francisé récemment et s'écrit donc avec l'orthographe proposée par le con précédemment cité (une graphie débile à mon sens puisqu'elle remet au goût du jour une lettre qui devrait disparaitre comme le 'K' a disparu de l'alphabet italien, d'où le titre du celebre roman de Buzati, et peut-etre les prémices de 'la disparition' de Perec) mais la graphie anglophone du mot est encore de rigueur dans tous les domaines, sauf dans le dictionnaire.
Certaines lettres n'ont plus rien à faire dans notre alphabet, l'exemple le plus flagrant étant l'esperluette '&' qui a été pendant un bout de temps la vingt-septième lettre de l'alphabet. Un autre exemple serait l'e' dans l'o' qui s'écrit œ et se prononce 'é' oui, ce même 'é' que je veux retirer du dictionnaire . N'ayons pas peur de l'envahisseur dans le langage. Tout le monde comprend que le mot 'boloss' utilisé par les arabes (je sais pas écrire en arabe désolé) qui se prononce en insistant sur les deux 'O' veut en fait dire 'molosse' qui signifie un chien méchant. En fait je ne sais pas vraiment si c'est de l'arabe ou si c'est des jeunes qui auraient oublié d'aller en cours et qui auraient en plus des problemes dans les esgourdes. Tout ce que je sais c'est que ce mot est apparu dans le vocabulaire de nos jeunes il y a dix ans et quand je l'entends dans la bouche de quelqu'un que je connais, j'ai tendance à couper les ponts avec cette personne. Ce  n'est pas l'emploi du mot qui me dérange, apres tout beaucoup de mots de la langue française ne sont d'origine ni greque ni latine, mais d'origine arabe.
Pendant que j'écris cette note j'apprends qu'un celebre journal satyrique est menacé pour des atteintes à une religion en particulier. Je tiens à préciser que ni Nigel, ni monsieur C ne sont antisémites, anti-islamistes, anti-chrétiens. Nous sommes contre le dogme, mais nous sommes protecteurs du texte, avec tout ce que le texte propose comme symbolisme, comme parabole, mais surtout nous pensons que le texte utilisé comme référence doit vivre avec son temps et ses moeurs. Quand la torah dit qu'on ne doit pas manger le veau dans le lait de sa mere, pour moi ça ne veut pas dire qu'il ne faut pas mélanger la viande et les laitages, ça veut dire, pour moi et c'est une interpretation personnelle, qu'en temps de guerre, on peut tuer les hommes, on peut violer les femmes des terres vaincues, mais on ne touche pas aux enfants. Une autre interpretation proposée par une personne qui m'est proche serait plutôt économique, c'est contre productif de tuer le veau parce que si on atend un peu il y aura beaucoup plus à manger dessus. De plus, il ne faut pas oublier que les vaches ont des sentiments (je ne suis pas en train de parler de mes ex, elles n'ont pas de sentiments) il est prouvé que les vaches auxquelles on donne un nom donnent plus de lait que celles qui s'appellent 'vache24649786'
Le dilemme du polyglotte lettré c'est que c'est seulement en cas de panique que sa vraie langue ressort. quand je me retrouve à hurler "I don't want to die" dans les roller-coasters, je sens que mes "AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH" qui suivent sont en anglais, bien que ce cri soit plutôt universel.

Si j'ai choisi Nigel comme nom de scene au lieu de Robert, c'est pour sa consonance britannique (ta mère) parce que je ne me sens pas français.

lundi 10 septembre 2012

les salles obscures

Il y a beaucoup de raisons qui font qu'on me voit rarement dans une salle de cinéma, la première et la plus évidente c'est que je suis un solitaire, j'évite volontairement le terme célibataire, je suis seul par choix, certes, mais célibataire par défaut. Bon, j'aime pas aller au cinoche tout seul, j'ai l'impression que tout ces couples ou ces familles bien construites me regardent de travers en se disant "oh le con, s'il savait comme nous sommes heureux juste toi et moi / toi moi et nos beaux enfants bruyants, c'est dommage qu'il ne puisse jamais connaître notre bonheur si magnifique si beau, à tel point qu'on veut montrer à la terre entière, et quel meilleur endroit que le cinéma, que nous on a quelqu'un qui nous aime et qu'on aime en retour.
La deuxième raison assez flagrante c'est le prix des place. Trois reins pour deux places de cinoche, sans déconner? Les miens sont hypertrophiés, on peut s'arranger, il y en a un peu plus, je vous le mets quand même?
Ah, le film est en trois dés, et ça va me coûter mes yeux pour voir le film... pas super au point le marketing, il va falloir développer le marché du livre audio.
Troisième raison, une fois avoir payé de mon corps (oui, mes trois reins ne suffisaient pas et mes yeux n'étaient pas d'assez bonne qualité donc j'ai du offrir mon cul) je dois supporter de la publicité.

WTF???
Whisky tango foxtrot???

Je n'ai pas de télé chez moi, c'est un choix volontaire et pas juste un manque d'espace, et j'ai mis sur mon navigateur internet préféré un puissancier (power up selon l'académie française, j'ai pas trouvé comment nos immortels disent add-on en français correct donc je triche) qui me permet de ne pas voir de publicités.

Voilà où on en est en arrivant dans la salle, je suis pauvre, j'ai mal au cul, je paye pour des lunettes alors qu'on m'a fait une ablation des yeux, (j'ai sacrifié mes deux yeux pour garder un rein, la personne qui m'accompagnait a gardé un oeil pour qu'elle en profite un peu, j'avais dit que j'offrais la place mais mes organes n'étaient pas de première fraîcheur) elle me racontera, et comme je comprends l'anglais je me contente du texte.

Il y a des sous-titres, malgré le prix des lunettes, elles ne sont toujours pas assez performantes pour retirer ces putain de sous-titres. Personne n'a encore compris qu'on ne veut pas pas de sous-titres (pour l'occasion, "on", c'est moi)

Puis vient le film, et puis un mec tousse, quelqu'un d'autre tousse, et un autre encore, et c'est comme la ola dans un stade, tout le monde se met à tousser, le mouvement est interrompu quand un téléphone sonne, et là c'est pire encore, parce que l'expression de mécontentement se déplace encore plus vite et plus bruyamment que la toux. Le mec d'à côté ouvre des bonbons, la nana de l'autre côté est en train de faire des choses que l'obscurité autorise mais que la morale réprouve, et moi tout seul, un peu frustré, je cherche à profiter du film, mais clairement au bout de dix minutes de film je sens que je serais mieux chez moi

Arrivé chez moi, puisque je voulais voir ce film, je me connecte dans la plus parfaite illégalité sur un réseau de partage de fichier, je choisis une version non interrompue par des coups de feu, et après trois jours de téléchargement (oui, j'ai un débit de merde) je peux espérer voir le film, sans sous-titres, mais enregistré à la caméra dans une séance faite pour lunettes donc la mise au point change sans arrêt, et le bruit du pop corn, le bruit des téléphones, et les gens qui se lèvent en cours de film, le volume trop fort qui fait saturer le micro de la prise de son, et j'en passe... en gros j'attendrai la sortie dvd (pour le telecharger en meilleure qualité)


Moralité, le film m'a semblé mauvais et je suis déçu parce que j'en attendais beaucoup. Ah si seulement j'avais encore mes yeux pour pleurer.

mercredi 22 août 2012

Souvenirs

Je me souviens de choses qui n'ont jamais eu lieu. Pourtant je suis certain d'avoir vécu ces moments, c'est réel pour moi, mais ça n'est jamais arrivé. Je suis certain que mon frère à l'âge de 9 ans a conduit la voiture, à très petite vitesse dans un embouteillage pendant que ma mère faisait une petite course, je me souviens avoir vu une dame se faire implanter des électrodes dans le cerveau, j'ai été attaqué par une bande de loubards du genre cliché des années 80, et j'ai été témoin de beaucoup de scènes dérangeantes.
Rien de tout ça n'est vrai, bien sûr mais il y a des points communs entre tous ces souvenirs, et le fait que je les sache faux me fait mettre en doute la véracité d'autres événements, au rang desquels se trouvent mes traumatismes d'enfance.
Ces derniers jours j'ai donné le même conseil à plusieurs personnes dans mon entourage: avant de blâmer les autres pour vos problèmes, commencez par chercher si le problème de vient pas de vous. Commencez par chercher tous vos propres torts, honnêtement, sévèrement, exhaustivement. ça fait mal de l'admettre au début et ce n'est pas facile de revoir en détail un épisode de sa vie et voir soi-même que la faute ne peut-être imputée à personne d'autre qu'à soi. La deuxième partie est importante si on ne veut pas finir par arrêter de vivre, car après cette première étape on croit que le monde se porterait mieux sans nous. Il convient d'accepter, et de se demander ce qu'on aurait pu faire pour ne pas passer ce moment de merde. On ne peut pas changer le passé, mais on peut s'arranger pour que ça ne se reproduise plus, et pour ça il faut admettre la totalité de ses torts parce qu'on ne peut pas compter sur les autres pour admettre que c'est leur faute, surtout si c'est pas le cas, surtout si eux s'en foutent, c'est pas eux qui ont passé un mauvais moment, c'est vous.
J'applique ce principe à mes souvenirs difficiles, et je dois aussi démêler le vrai du fantasmé. Je ne suis plus sûr de rien. Je ne sais plus si je peux encore faire confiance à ma mémoire.

question subsidiaire: Suis-je mythomane, dans le sens où j'ai inventé ces événements, ou pas, puisque c'est tout à fait non-intentionnel?

vendredi 13 juillet 2012

Prévenez moi quand on arrive

Je suis insomniaque depuis l'age de huit ans. Je dors rarement plus de quatre heures par nuit sauf le week end et encore, pour peu qu'une de mes amantes insiste j'ai pas tout mon saoul de sommeil.
Pour moi, dormir dans le metro n'est pas une option, c'est une necessité. Je ne sais même pas pourquoi je ne dors pas, mes nuits ne sont pas uniquement peuplés de cauchemars et de chimeres, je fais même plutôt de beaux reves pleins de jeunes filles et de gros nichons. Je n'ai pas peur de dormir.
Mais voilà, j'ai beau etre fatigué je ne dors pas. Alors je tourne en rond, je bois en espérant que mon cerveau saturé d'alcool mettra la cogitation sur pause, et ça marche: je ne pense plus à rien.

Mais je ne dors pas pour autant.

samedi 30 juin 2012

Attention les filles, j'ai une énorme mite

Il y a quelques jours une mite gigantesque s'est introduite dans ma chambre et brise la sérénité de mon antre.
Il y a des choses que je ne supporte pas, au nombre desquelles se trouvent la présence non désirée d'un autre être vivant dans mon espace et les bestioles.
Cette bestiole là est vraiment colossale. J'ai vécu dans des endroits où on trouve des escargots tellement gros qu'on se dit qu'on se dit qu'on va trouver un autre chemin et eviter de reveiller la bête. On serait dans un jeu de rôle on comparerait ça à une chimere et on ferait un jet de sauvegarde en cas de rencontre. J'ai vu des cafards faire peur à mon chien, j'ai vu mon chien se faire devorer de l'interieur par des vers qu'il a choppé en faisant la sieste sous le manguier. J'ai vu la bonne et le gardien faire équipe armés de manches à balais usant de mille précautions pour tuer un espece de mille-pattes vif comme l'eclair dont la morsure est mortelle. Et j'habitais en ville, en dehors de la ville c'etait pire.
Rien ne m'avait préparé à rencontrer une mite aussi grosse. Quand je vais me coucher elle se calme, heureusement, mais dès que la lumiere est allumée elle se précipite violemment contre l'ampoule dans un vacarme d'aéroport et je me demande si l'ampoule résistera à l'impact.
L'autre probleme que me pose cette mite est d'ordre ésoterique. Je suis quelqu'un de tres cartesien mais je possede de petites connaissances en sorcellerie. La présence des mites est souvent la contrepartie d'un sort. Ma chieuse etait une sorciere et l'arrivée de cette mite exactement trois ans apres sa mort et exactement quand je décide de l'accepter me semble une drole de coïncidence.

Je suis pas vraiment à l'aise.

jeudi 21 juin 2012

La fin d'une epoque (2)

Aujourd'hui ça fait trois ans. Trois ans qui m'ont fait l'effet d'une petite éternité, trois ans d'une tristesse insondable, trois ans qu'elle n'a plus à porter son fardeau. Aujourd'hui il pleut, et je crois que c'est toutes les larmes que j'avais retenues en moi tout ce temps qui sortent enfin.
J'ai eu le temps de m'en remettre, ça aura été long mais je suis vivant, je suis debout, je suis même heureux aujourd'hui (ça me fait un peu bizarre de le dire, j'ai pas encore l'habitude) et de tous les projets que j'ai sur mon avenir, même s'ils foirent tous, ça m'empechera pas d'aller bien.
Aujourd'hui j'ai fait mon deuil. Je ne dis pas que je ne repenserai pas à elle une fois de temps en temps, je ne dis pas qu'elle a fini de me manquer, mais je n'ai plus à me sentir obligé d'être triste parce qu'elle est partie. Si un jour à partir de maintenant je suis triste, ça n'aura aucun rapport avec elle. Je ne vais pas jeter les reliques que j'ai gardées d'elle, mais je ferai en sorte que mon lieu de vie ressemble un peu moins à un mausolée.
Ces dernieres années, j'ai pas mal merdé, mais là pour la premiere fois depuis longtemps je sens que je tiens le bon bout (ah tu le sens mon bout, cochonne) je suis seul maitre à bord, personne ne me dicte ma conduite, je suis libre, entierement libre. Je n'ai à me plaindre de rien, j'ai des amis, j'ai des amantes, j'ai un boulot, j'ai un toit sur ma tête, j'ai acces au web, j'ai mon intimité et mon indépendance. J'ai retrouvé mon amour propre et ma dignité.

Aujourd'hui ça fait trois ans. Beaucoup de choses se sont passées pendant ce temps, mais maintenant tout va bien.

dimanche 17 juin 2012

la fin d'une époque

Mes chers amis, je m'excuse d'avoir été absent ces derniers temps, ça s'explique facilement: depuis que j'ai déménagé je ne suis plus depressif. Je me sens étonnamment bien en fait.
Bien sûr tout n'est pas parfait, l'endroit où je vis ne me satisfait pas completement non plus, mais j'ai retrouvé une liberté de mouvement qui me manquait. Mouvement n'est pas forcément le bon mot, je manque clairement de place, j'utilise mes cartons comme support de souris, je me cogne dans mes meubles le matin en essayant de sortir du lit, j'ai pas trop la place de m'étendre.ça me force un peu à ranger mon bordel de temps en temps.
Personne ne me critique mon mode de vie un peu marginal, même si je suis toujours un peu gêné quand je croise mon nouveau colocataire. On a beau être tous les deux musiciens, on ne se ressemble pas, mais alors pas du tout. Il jette ses chaussettes quand elles ne forment pas de paires, il ne fume pas, ne boit pas, ne baise pas... il est pas rock & roll en somme; forcément ça fait un certain contraste par rapport à moi qui le suis un peu trop. Evidemment l'esprit rock & roll ne se limite pas à ces points de détails mais ce sont des exemples flagrants du monde qui nous sépare. Malgré ça on s'entend bien, je trouve. Il découvre avec moi un monde qu'il ne soupçonnait pas, et moi je m'efforce de respecter son mode de vie au maximum et à ne pas laisser trainer mes merdes un peu partout.
En gros, mis à part un manque de confort, principalement concernant le truc qui me sert de lit tout va pour le mieux.
En tous cas tout va indéniablement mieux. Mon alcoolisme n'est un secret pour personne parmi mes fréquentations, collègues de travail y compris, et personne me me casse les couilles avec ça.

En gros je n'ai pas à me plaindre, et c'est ce qui explique que je n'ai pas posté sur ce blog depuis un bout de temps, mis à part les fois où j'ai posté complètement torché depuis mon téléphone, évidemment, mais là ça compte pas, c’était pas vraiment moi.