dimanche 7 septembre 2014
Personne n'en a rien à foutre d'un avis contradictoire
J'ai initialement été surpris d'un tel succès, après tout les français n'aiment pas lire. En dehors de la période de rentrée des classes le meilleur endroit pour avoir un peu de calme, après le cimetière, c'est une librairie. Une autre surprise c'est que je pensais que mes contemporains n'aimaient pas la politique. Attention, je ne dis pas que les français n'aiment pas parler des personnalités politiques, bien au contraire ils n'aiment que trop parler des individus, mais d'idées, point. Finalement peu de gens ont un avis. Trop de gens suivent l'avis du journaliste qu'ils trouvent le plus "sympathique", les mères de famille trouveront que celui là avec sa tête de gendre idéal ne peut forcément pas être méchant, le petit con en école de commerce trouvera que celui-ci, avec ses trente voire quarante ans de métier fait forcément une analyse juste de la situation. Et donc une ancienne journaliste de Paris Match (journal d'investigation ouvertement de gauche s'il en est) nous pond un truc juste pour se venger de son ex qui a préféré partager son lit avec une jeune actrice plutôt qu'avec un boulet qui lui attirait des emmerdes dès qu'elle donnait son avis sur quelque chose, d'autant plus quand ces choses là ne la regardent pas. J'ai envie de dire "touche à ton cul".
Mais cela ne répond pas au sujet, pourquoi se vend-t-il si bien? La réponse est dans mon titre, mais je vais étayer un peu. Je m'en suis rendu compte principalement avec internet, mais ce n'est pas nouveau, juste plus flagrant. Un petit exemple personnel: je lis Libération, Le Monde, Rue 89, et tous ces journaux de gauchistes, je sélectionne les articles que je veux lire, je trie les sujets sur lesquels je veux être informé. Un portrait peu flatteur d'un homme que je je considère intègre: je ne lirai pas l'article, il s'agit forcément d'une dénonciation calomnieuse. Un scandale financier touche ce gros con de fils de sa maman (certainement respectable, elle) et là c'est l'avalanche: je vais lire tout ce qui concerne le dossier, je fouille, je retrouve tous les autres scandales dans lesquels ce politicien véreux a pu tremper, j'en poste les bonnes feuilles sur facebook, sur le grand gougle plus (même si personne ne le lira mais on sait jamais, peut-être les générations futures le retrouveront là) ou encore sur reddit.
Parlons-en de reddit. Pour ceux qui ne savent pas ce que c'est, c'est une sorte de réseau social sans l'être vraiment, un lieu de discussion stériles autant qu'un montreur d'images rigolotes et parfois lieu de débat. L'une des principales caractéristiques est que l'utilisateur choisit les sujets qui l'intéresse, j'ai bien évidemment pris ce qui est proche de moi, la france, la cuisine, la technologie, les images rigolotes, les jeux débiles, et un peu de porno... bon, d'accord, beaucoup de porno. Reddit est le meilleur endroit pour le citoyen qui souhaite s'informer mais qui ne veut lire que les avis qui vont dans son sens. Certes il y a des débats, parfois contradictoires, mais jamais d'argument qui remette en questions les convictions que l'on portait juste avant.
L'esprit n'aime pas la contrariété, l'homme veut avoir raison, et on veut que le premier sentiment qu'on se fait sur un sujet soit le dernier. Les sondages d'opinion montrent que l'ex-compagnon de cette ex-journaliste est sacrément impopulaire et toutes les ménagères, tous les petits cons en école de commerce, tous les individus qui n'avaient pas d'avis tranché sur cet homme sont maintenant convaincus que c'est un salaud, et donc comme moi quand je prends tant de plaisir à retrouver tous les cadavres dans les placards de l'équipe dont il a pris la relève, le public réclame du sang, des tripes, et pourvu que ça éclabousse. Il ne suffisait pas que le mec soit très impopulaire, il faut qu'il soit à terre, qu'on puisse lui cracher dessus, et un pavé écrit par son ex ne peut que contenter la foule qui n'attend qu'une chose: un pouce vers le bas et qu'on lâche les lions.
Je trouve qu'il aurait été plus courtois de régler ça en adultes, entre vous, et de ne pas mêler la masse grouillante à vos affaires.
NB: Bien qu'aucun nom n'ait été cité, tout le monde sait de quoi je parle. Je ne prends pas particulièrement la défense de l'homme public en question, je n'ai pour ainsi dire aucun avis sur lui, ni positif ni négatif. Je peux sembler gauchiste de base dans mes propos, mais si quelqu'un d'honnête dans le parti d'en face venait à faire surface je changerai volontiers de camp mais ça fait longtemps qu'on en a pas vu.
mercredi 2 avril 2014
Le racisme latent dans les séries télévisées américaines
Mon introduction n'avait rien à voir avec le vrai sujet, mais il me fallait une introduction sinon je plongeais dans le vide. Mon vrai sujet est le racisme via le prisme des séries télé ricaines (oui, c'est le titre de l'article) et principalement Star Trek.
J'ai récemment revu avec grand plaisir toute la série Deep Space Nine, et un truc m'a d'abord surpris, puis franchement choqué: les relations intimes entre les personnages.
Une Trill (espèce extraterrestre humanoïde blanche avec des taches) peut être amoureuse d'un Klingon (espèce extraterrestre humanoïde à la peau un peu sombre violents de nature avec des trucs sur le front, genre des rides mais en moins mou), une Bajorane (espèce humanoïde à la peau blanche avec des stries sur le nez) peut s'éprendre d'un Ferengi (espèce humanoïde avec de grosses oreilles et à la peau couleur latex genre les maquilleurs avaient assez de boulot à faire la forme du masque, on allait pas en plus se faire chier à y donner une vraie couleur) et j'en passe et des meilleures.
Le capitaine de la station est un américain noir. Il est arrivé à son poste de manière conventionnelle, et le racisme n'existant plus dans l'univers de Star Trek, rien ne l'a jamais empêché de prendre ses fonctions. Souvenez-vous que c'est un univers utopique sans plafond de verre où tout un chacun peut accéder au poste qu'il souhaite s'il en est capable et pour peu qu'il s'en donne les moyens.
Ce fameux capitaine, Benjamin Sisko, noir, n'aura des romances qu'avec des femmes humaines noires, et c'est là que le bât blesse, l'univers décrit est utopique mais le script, lui, est profondément ancré dans son époque. Un noir peut réussir dans la vie, pas de problème, mais il est hors de question que même hors caméra il couche avec un personnage joué par une actrice blanche, oh non, ça ferait scandale. Si c'est un Klingon (bien que l'acteur soit noir) ça passe, et c'est une belle histoire entre Worf et Jadzia Dax, mais Sisko ne peut dans le scénario avoir que des relations avec des femmes noires. Le fils du capitaine, Jake, lui, peut sortir avec des femmes à la peau claire mais puisqu'il est mineur, évidemment il n'y a aucune relation sexuelle à la clé (puisque tout le monde sait bien que les adolescents n'ont pas envie de sexe, ce n'est qu'à la majorité que la question se pose)
On passera aussi sur la description dans le caractère des races extraterrestres, les Klingons sont violents et sur bien des points sont une caricature des islamistes intégristes, à la limite du terroriste, mis à part évidemment certains personnages, en particulier Worf qui a été banni pour avoir rejoint la fédération (aussi connue sous le nom des gentils américain qui recherchent la paix dans l'univers mais tout le monde leur en veut parce que leurs idéaux sont incompris par les races belliqueuses) et on tentera d'oublier que les Ferengis sont une copie conforme des juifs tels que décrits dans les plus beaux manuels du troisième reich, le nez crochu a été remplacé par les oreilles mais l'appât du gain a été exacerbé. Pour ajouter l'insulte à l'injure, c'est un juif qui joue le Ferengi qu'on voit le plus.
Star Trek cherche à décrire un monde meilleur débarrassé de ses castes et de ses préjugés mais les scénaristes se sont contentés d'une vision très, voire trop, contemporaine et n'ont pas su briser les murs entre les ethnies, se servant du melting pot inter-espèce pour simuler une diversité et l'épanouissement des cultures.
Un autre exemple de racisme se trouve dans les fiction plus proches de nos époques, par exemple Friends, pas besoin de présenter cette série, j'espere. Typiquement une série pour les blancs. Il n'y a presque aucun personnage de couleur là dedans, et s'il y en a, ce sont des noirs à la peau franchement claire, et surtout, SURTOUT, même si un mâle blanc peut avoir une liaison avec une femme vaguement noire, l'inverse est hors de question. Le ku klux klan a bien fait son travail, je dirais: dans l'idéologie du klan la femme blanche devient souillée si elle couche avec un homme de couleur. Pour un homme ça passe, après tout, l'homme blanc possede les gens de couleur, il peut jouir de sa propriété comme il l'entend, mais la femme est inférieure à l'homme et est aussi une propriété, donc un homme noir qui s'acoquine avec une femme blanche en vient à la posseder à son tour, et de fait vole la propriété de l'homme blanc.
Pour la tranquillité des peuples, l'américain a donc créé des séries spécifiquement écrites pour un public noir, avec des acteurs noirs. Je connais mal ces séries là parce qu'elles ne m'attirent pas, les tenants et aboutissants ne s'adressent pas à moi. J'ai tout de même pu tomber comme tout le monde sur quelques épisodes d'une série ou d'une autre sur ce modèle. Loin de proposer de rassembler les ethnies et de faire le jeu de la diversité, ces séries là ne font que renforcer le clivage jusque dans le vrai monde véritable. Les noirs dans les séries ont une grammaire bien à eux, complétement incorrecte, pour encourager les vrais noirs qui regardent ces séries à ne pas parler correctement et de fait à les exclure du système éducatif.
Bien évidement l'idéologie américaine vante l'égalité des chances sans discrimination selon la couleur de peau ou la religion, mais dans le fond la culture véhiculée par la télévision continue de creuser le fossé pourtant déjà profond entre les noirs et les blancs.
lundi 22 juillet 2013
Ne mets pas tes doigts sur la plaque chauffante, tu risques de te brûler très fort
Revenons-en à nos doigts.
Je me suis gravement cramé mon majeur gauche en le posant sur une de mes plaques chauffantes qui était pourtant éteinte. J'ai vérifié, le voyant n'était pas allumé, et je n'avais pas utilisé cette plaque depuis la veille, donc j'ai un faux contact quelque part, et donc ma plaque a été en activité inutilement pendant tout ce temps, et putain ça va me couter cher en edf, j'avais vraiment besoin de ça maintenant.
Oh bordel, j'ai morflé. Les premières heures ont juste été insoutenables. Une douleur insondable, je ne me souviens pas avoir eu aussi mal de ma vie. Mes doigts sont sensibles, c'est con quand on est guitariste mais c'est comme ça. J'ai voulu tremper le doigt dans de l'eau froide pour anesthésier vite fait, mais avec la chaleur de ces derniers jours je n'ai que de l'eau tiède, ça marche pas super, en plus de ça, bah j'avais pas de bol propre, donc session de vaisselle à une main pendant que l'autre souffre de son côté, puis je sors les glaçons, et bon bah ça soulage un peu. Pas assez, mais un peu.
Bien évidemment, vous pouvez me traiter de chochotte tant que vous voudrez, j'ai eu super mal (ceux qui me connaissent bien savent quel geste je fais en écrivant ça) pendant plusieurs jours. De très longs jours à me demander si je pourrais rejouer de la guitare un jour. Non content de ne pas en jouer assez à la base, je me retrouverais contraint de ne plus en jouer du tout, impensable.
L'un de mes premiers reflexes a été de couper directement l'alimentation de la plaque depuis le panneau electrique, puisque si j'ai un faux contact il faut circonscrire le truc, éviter que la plaque ne continue de chauffer inutilement (je rappelle aux deux du fond qui ne suivent pas que circonscrire n'a rien à voir avec une ablation du prépuce) pour éviter de pourrir ma facture d'electricité, pour pas chauffer inutilement une piece déjà bien assez chaude comme ça (alors que certains osent dire que le réchauffement climatique n'existe pas) et pour ne pas me re-cramer les doigts.
Pendant des jours, la routine matinale douche/déo/brosse à dents a été un peu difficile. J'ai beau etre droitier j'utilise beaucoup ma main gauche. Ce n'est que quand on a perdu quelque chose qu'on se rend compte qu'on l'avait et qu'on y faisait pas assez attention. Ça vaut pour tout, pas juste pour mon doigt.
Maintenant la douleur est passée, ça a cicatrisé finalement assez vite mais je remarque des changements sensoriels. Mon majeur gauche cherche inconsciemment à toucher tout ce qu'il peut, qu'il cherche en fait à apprendre à etre un doigt comme les autre, comme s'il était mort et qu'un nouveau doigt avait pris sa place. Ce n'est pas une question de mouvement, je peux taper au clavier et jouer de la guitare sans trop de problemes, mais tout ce que je touche pour le moment renvoie la même sensation. Que ce soit une bouteille, un paquet de clopes, du bois, du verre, du papier, ma bite, tous les matériaux renvoient une réponse similaire: je sens que je touche quelque chose, mais je ne peux pas determiner ce que c'est. Juste à l'instant je viens de me caresser la barbe et je n'ai senti aucune aspérité.
Je ne peux m'empêcher de me demander si mon doigt pourra un jour redevenir comme avant, si je récupérerai le toucher que j'avais avant, si je pourrai distinguer l'ivoire des touches d'un piano des boutons d'un synthétiseur. Au moins je suis content de ne plus avoir mal, mais ça ne me suffit pas, je veux retrouver mes sensations. En gros j'ai l'impression de porter une capote sur le doigt, et j'espere que la relation entre mon doigt et les autres surface évolue pour qu'elles acceptent de prendre un moyen de contraception pour que je puisse avoir toutes les sensations à nouveau. Message aux petits jeunes qui ont toujours utilisé une capote: oui c'est bien, c'est super, continuez, mais si la relation dure et que vous faites des tests de recherche d'IST régulierement (genre après chaque escapade même protégée) et que vous ou votre partenaire vous protegez pour ne pas fabriquer par erreur des braillards, je vous recommande fortement d'essayer sans, vous verrez que c'est mieux, sans conteste.
Ce matin j'ai constaté en me levant que j'avais encore débranché mes plaques sur le panneau électrique, je pense que j'ai fait une petite crise de somnambulisme, le traumatisme a du être assez violent.
Beauté vs intérêt
En gros il parle certainement du fait que je me sois à demi mot foutu de sa gueule l'autre jour parce qu'il joue encore à un jeu de rôle en ligne massivement multijoueur vieux de plus de 15 ans, et défend son jeu face aux critiques évidentes qu'on peut faire aux graphismes d'un jeu vieillissant. Dans un jeu, quel est le plus important finalement, la beauté ou l'intérêt? Comme j'ai laissé un pavé chez lui j'ai préféré terminer ici et décaler le débat. (fin du rappel, début de mon intervention)
En ce qui concerne les MMO je peux rien dire n'ayant jamais joué à aucun, je ne vois pas où se trouve l'intérêt de ce genre de jeux. Ce que je reprocherais à un MMORPG c'est d'etre MMO, j'ai pas envie de devoir jouer avec d'autres gens, et encore moins avec des personnes que je ne connais même pas. Et puis graphiquement même les plus beaux MMO restent en dessous du reste de la production du moment.
Je ne suis pas un ardent défenseur du graphisme, j'ai continué à jouer à Morrowind longtemps après sa sortie (entre autres parce que mon PC ne faisait rien tourner de plus gourmand) et les graphismes hors d'age ne m'ont pas dérangé. Avant ça j'ai aussi beaucoup joué à Daggerfall (Elder Scrolls 2 pour les incultes) qui déjà à sa sortie était franchement moche, et j'ai adoré bien que ce soit bourré de bugs, et beaucoup trop difficile pour un casual gamer comme moi, mais ces jeux avaient le mérite de proposer une histoire qui bien que linéaire (je peux pas dire pour la fin je n'ai encore jamais fini un Elder Scrolls) c'est à dire qu'il n'y a qu'une seule quête principale, propose plusieurs moyens d'arriver à ses fins, et la pelletée de quêtes annexes permet de varier le plaisir. Je pense que l'intérêt surpasse de loin la cosmétique.
Cependant, je viens de commencer Skyrim, et je dois dire que c'est sublime. En plus le système de jeu a été très simplifié (pour pouvoir le vendre aux joueurs console) et c'est pas plus mal, les règles étaient beaucoup trop complexes. La beauté de Skyrim atténue chez moi la sensation de manque de détails dans le contenu. Bon, mais c'est pas tout ça, je vais pas me lancer ici dans une critique complète de la série des Elder scrolls.
Je pense que c'est comme pour les femmes, on peut supporter que sa femme soit moche si au moins elle est intéressante sur d'autres points, et en éteignant la lumière le soir, tout comme on peut supporter qu'elle soit conne à condition qu'elle fasse office de trophée (et qu'elle suce). On connait tous bien sûr des femmes belles ayant de la conversation et qui ne votent pas à droite, mais ce sont des perles rares et elles sont en général déjà prises, parfois par les copains, et on connait tous aussi des moches et connes qui rejettent sur les hommes la raison de leur célibat, et ça c'est une féministe.
On connait aussi tous des filles massivement multijoueurs, et pour celles là je le vous demande, le plus important c'est la beauté ou l'intérêt?
dimanche 3 mars 2013
Moderation? Très peu pour moi, merci
Je suis un drogué. Je suis accro à beaucoup de substances. Quand je bois je ne m'arrête qu'une fois torché, quand je fume le paquet y passe, si j'ai envie d'un café je me fais trois cafetieres en une heure. Là par exemple j'ai tout fait d'un coup. J'ai d'abord bu quelques bieres puis j'ai fumé plein de clopes, puis je me suis descendu mes cafetieres.
Quand je n'arrive pas à dormir, non seulement je fais une nuit blanche, mais en plus j'en ai généralement plusieurs dans une periode assez courte. Mon corps n'arrive pas à faire les choses à moitié, quand je pense au sexe je me tripote jusqu'à jouir en poudre, quand je deviens sentimental le sexe ne m'interesse plus vraiment.
C'est un peu con, en fait. D'une certaine maniere je ne peux pas vraiment aimer les femmes avec lesquelles je couche, je ne peux pas coucher avec les femmes que j'aime. J'alterne les phases d'insomnies avec les phases d'hypersomnies, sobriété / ébriété...
Quand je me décide à manger je me fais six repas en une soirée puis je jeûne le reste de la semaine.
Je suis parfois très triste, parfois enjoué et j'alterne entre la depression et le fou rire sans vraiment connaître d'état intermediaire. J'ai autant envie de voir plein de monde que de ne voir personne. J'ai autant envie de les tuer tous que de les serrer dans mes bras.
Je suis Nigel, mais je suis aussi monsieur C. et c'est toute cette contradiction que je dois supporter au quotidien. Je suis en même temps d'extreme gauche et d'extreme droite. Oui, une portion de moi est raciste. C'est pour cette raison que je suis toujours sobre les dimanches d'election, il faudrait pas que cette vilaine partie de moi ait le droit de vote.
Je suis très timide et généralement réservé, tout en étant un exhibitionniste volubile. Je suis tout mais surtout son contraire.
Nous avons un accord tacite. Nous avons tous les deux un droit de parole ici. Parfois on écrit sous influence et Nigel prend la barre, parfois la voix de la raison laisse monsieur C. mener la barque.
Je ne me sens pas schyzophrene ou bipolaire pourtant. Je suis juste incapable de faire preuve de moderation. Je suis binaire.
Même dans mon travail, je suis soit impliqué à l'extrême soit completement indolent. Ou lors d'un entretien d'embauche je peux y aller les mains dans les poches tout comme je peux faire plusieurs heures de recherche pour connaitre le sujet mieux que le recruteur.
J'ai la prétention d'être plus intelligent que beaucoup, mais la modestie de me sentir aussi con que tout le monde. Une partie de moi se trouve très beau dans le miroir tandis qu'une autre comprend aisément que je sois célibataire.
Cette nuit Nigel s'est couché très tard, et Monsieur C. s'est levé très tôt.
mercredi 27 février 2013
Oh non, ça recommence...
En plus, comme on s'est très rarement vus, je n'ai pas de moyen de la contacter et si je demande à nos amis communs je sais très bien quelle idée ils vont se faire (non pas qu'ils aient tort) et j'ai pas envie de ça. J'ai pas envie de leur regard sur moi qui me fait passer pour une limace gluante, car c'est comme ça que je me sens quand j'ai le béguin. Je vais faire des pieds et des mains pour revoir cet être qui sur le moment me semble si cher, à force de paniquer je deviens con, à force de dire de la merde j'essaye de me taire pour compenser, un silence pesant s'abat sur nous, je bois, je deviens lourd, et je me transforme alors en limace gluante de 75kg tout nu (à l'avant dernière pesée, la toute dernière n'était pas à mon avantage).
Je me demande pourquoi quand j'ai cette attirance pour quelqu'un ce n'est presque jamais pour le genre de filles qui me fait fantasmer. Je veux dire que j'ai décrit à peu près ce qui m'attire chez une femme il y a pas très longtemps, et bah Mlle N. elle est plate. Je veux pas dire sans saveur, je veux dire plate comme le fait qu'elle ne porte pas de soutien gorge sous sa chemise parce qu'il n'y a rien à soutenir. Elle est jolie, c'est vrai, mais ne ressemble pas du tout aux filles qui me plaisent en général. Pour ainsi dire, depuis que je l'ai vue, à aucun moment elle n'a fait partie de mes rêves érotiques, mais tout le temps que j'ai passé près d'elle j'avais cette envie puérile de la tenir par la main et d'avancer en trottinant comme deux marmots contents d'afficher leur bonheur et qui le temps de cette balade se disent que l'amour c'est pour la vie.
En fait c'est vraiment ça qui m'a plus chez elle, le sentiment que tant que j'étais avec elle la vie avait un sens, la vie n'était pas cet enchaînement maladroit de fausses joies et de plaisirs éphémères. J'ai envie de croire que ce n'est pas elle qui me plaît mais juste le fait qu'elle sourie tout le temps, et que son optimisme contagieux me donnait l'espace d'un instant envie de faire-comme-si il restait un espoir, et qu'à force de faire-comme-si je me prendrais au jeu et en serais convaincu.
Alors, oui, j'ai envie de la revoir, parce que quand elle me sourit je me sens beau, et j'aime bien me sentir beau, quand elle me taquine je me sens une envie d'être espiègle, et quand je lui parle j'ai envie de rester avec elle et pourquoi pas de la prendre plus près de moi.
Mais ça, c'est pas de l'amour, c'est de l'amour propre.
samedi 9 février 2013
prince charmant sans le sou cherche cendrillon à forte poitrine
J'ai fait un rêve étrange récemment où je faisais la liste des personnes qui seraient invitées à mon mariage, en gros j'invite personne et vous pouvez tous crever la gueule ouverte... non, c’était un beau rêve et tous mes amis y étaient, et comme ce n'était qu'un rêve le budget n'était pas important donc je ne me suis pas imposé de limite.
Faire des listes d'invités, c'est bien mais au bout du compte je n'ai jamais su qui j'épousais.
C'est mon neveu qui m'a réveillé avant que je ne le sache, et c'est certainement sa présence dans les parages qui aura provoqué ce rêve vu qu'il me demande assez régulièrement quand je vais lui pondre un cousin, ou pourquoi je n'ai pas de femme. Plus d'une fois j'ai voulu troller et lui dire "bah tonton Nigel n'aime pas les femmes, et deux hommes ensemble ne peuvent pas faire un cousin parce que la biologie est ainsi faite" mais j'aime trop mon frère pour qu'il ait à expliquer ces concepts à des enfants en bas age.
Évidemment j'aime les femmes. J'admets ma part de bisexualité aisément, ce n'est pas tabou pour moi mais ce n'est pas une fierté non plus. Et vraiment j'aime les femmes. Ma bisexualité n'est pas non plus un moyen de toucher un plus large public, je n'ai pas de mal à plaire, d'un côté comme de l'autre, mais je trouve des choses différentes, et je me considère aujourd'hui comme encore un explorateur. Il faut dire que j'ai beau ne plus être tout jeune, j'ai commencé ma vie un peu tard, et je n'ai décidé d'assumer mon mode de vie que récemment.
Je sais que mes ex vont hurler au scandale, mais je ne cherche qu'à apporter du plaisir à mes partenaires, et généralement mon plaisir personnel passe après parce que je n'en ressens presque pas. On me reproche un certain côté frigide, et je dois l'être un peu.
Je continue de croire qu'un jour proche je trouverai la bonne, la vraie, l'unique, celle qui ne sera pas cocue, je cherche une fille jolie, cultivée, une peau douce, avec des gros seins, pas trop grosse mais un peu de chair à tripoter est un plus, qui sache chanter juste ou jouer d'un instrument, qui ne soit pas l'ex d'un ami, qui ne soit pas l'actuelle d'un ami, qui fume ou au moins supporte que je fume, qui ne va pas me casser les noix à chaque fois que j'ai envie d'une bière...
Il faut croire qu'elle n'existe pas. Je ne vais pas arrêter d'utiliser les échantillons gratuits et les offres promotionnelles sans promesse d'achat que je peux rencontrer, mais c'est vrai qu'un jour j'aimerai me fixer.
Je n'ai pourtant pas l'impression de demander la lune, je sais que des femmes comme ça existent, et pas seulement dans les films, mais ce genre de filles ne sont peut-être tout simplement pas attirées par moi. Je peux toujours envisager de me mettre au sport pour perdre du bide mais ça ne changerait pas grand chose, ce que j'ai à offrir n'est pas vraiment physique. Je parle souvent de ma bite parce que je n'ai pas à en rougir, pourtant le dicton dit bien: ce n'est pas la taille qui compte, c'est de savoir s'en servir.
En fait, c'est ce que disent les mecs qui en ont une petite, des études scientifiques (certains chercheurs ont vraiment, soit du temps à perdre, soit un complexe quelque part) montrent que la taille compte quand même pas mal.
Je ne plais pas vraiment au premier coup d’œil, ce n'est que quand on a eu l'occasion de me parler un peu que les gens voient autre chose qu'une loque qui traine un bouquin au comptoir, autre chose qu'un alcoolique même pas mondain, autre chose qu'un asocial. La première impression que je donne me caractérise assez mal, finalement.
Je n'ai pas le sentiment d'être difficile, je crois juste que celle que je cherche n'existe pas.
vendredi 25 janvier 2013
Moi aussi je sais cuisiner
Nigel's Spaghetti & Meatballs
Il me semble nécessaire de commencer un recette par les ingrédients
pour deux personnes:
un peu d'huile
un tiers de bouteille de vin blanc sec (je recommande les briques de vin blanc de cuisine, dégueulasses à boire nature mais tout à fait appropriées pour la recette sinon le gros plant nantais est parfait)
du concentré de tomate
un peu de vin rouge si on en a, mais c'est complètement optionnel
un oignon
deux ou trois échalotes
un oeuf
des fines herbes (un mélange d'herbes de provence avec un peu de ciboulette c'est bien, si vous pensez à d'autres herbes faites vous plaisir mais évitez le cumin ou la coriandre qui ont trop de goût et qui vont saturer le mélange)
deux steaks hachés (s'ils sont surgelés, vous prendrez la peine de les décongeler, mais pas au micro-ondes qui risque de les cuire, il faut qu'ils soient encore crus)
une gousse d'ail
de la worcestershire sauce (qu'on appellera plus loin weucheucheu, parce que c'est plus simple)
du tabasco, de la harissa, et tout ce qui pique un peu
des olives vertes dénoyautées
je sais, ça a l'air de faire beaucoup d'ingrédients, mais tout le monde devrait avoir ça chez soi. la gousse d'ail, l'échalote, la weucheucheu , le vin rouge, les olives, c'est accessoire, mais croyez-moi, ça ajoute un truc dans la recette, donc je partirai du principe que vous avez tout ça.
La première étape est de vous laver les mains. C'est important.
Dans une terrine vous mettrez les deux steaks, l'oeuf complet (sans la coquille), cinq pincées de fines herbes.Coupez l'échalote et touts petits morceaux, et l'ail aussi, et ajoutez ça dans la terrine. Ensuite, il faut mettre la main à la pâte, et à la main mélanger le tout. on peut le faire avec des couverts, comme quand on fait un steak tartare, mais de tout façon il faudra y remettre les doigts plus tard.
dans une casserole (le genre de casserole pour des nouilles pour deux personnes) vous mettez un bon fond d'huile, et le temps que ça chauffe vous pouvez alors débiter l'oignon. une fois découpé, jetez le dans l'huile chaude et laissez le fondre en remuant un peu. au bout de deux ou trois minutes, ajoutez le vin blanc, et si possible un peu de vin rouge. Continuez de remuer doucement, et baissez le feu, mais pas trop.
ajoutez une jolie dose de concentré de tomate à la potion, de la weucheucheu, du piment de toute sortes, ce que vous voulez, des fines herbes si ça vous plaît, du piment de cayenne, de la harissa... la cuisson et la dilution dans la sauce devraient retirer le côté pimenté.
Maintenant vous allez utiliser vos mains pour malaxer la viande et en faire de petites boulettes. c'est aussi con que faire des boules de neige, mais en plus petit, donc si vous avez deux mains vous pouvez le faire. si vous n'avez qu'une main je suis certain que vous pouvez y arriver aussi. Si vous n'avez pas de main, je suis navré.
Jetez vos boulettes directment dans la sauce en train de cuire à feu doux, et c'est maintenant l'heure de mettre l'eau à chauffer.
Dans une autre casserole vous mettez de l'eau chaude et un peu d'huile, puis vous y mettez les pâtes quand l'eau est à ébullition (je vais pas vous apprendre à cuire des pâtes non plus...)
C'est à ce moment là qu'il faut remettre plein gaz sous la sauce et touiller régulierement, mais doucement pour pas désagréger les boulettes. C'est aussi le moment pour ajouter les olives.
Entre deux sessions de touillage, pensez à laver la terrine qui vous servira pour le service, à moins que vous ayez un autre plat de disponible, mais je pense que faire la vaisselle dès que possible permet d'en avoir moins plus tard.
Si comme moi vous avez des plaques electriques, utilisez la chaleur résiduelle des plaques et coupez le feu sous les plaques une minute avant l'heure, vous économiserez en facture edf.
On égoutte les pâtes (là encore, je vais pas vous apprendre à faire des pâtes, si vous avez vraiment besoin d'aide, prévenez-moi) et on les met dans la terrine (soit celle qu'on vient de laver, soit une autre si on a un lave vaisselle et / ou qu'on est une grosse feignasse) jetez la sauce sur vous nouilles et mélangez.
Mangez, c'est bon!
jeudi 20 décembre 2012
En toute modestie...
Je suis loin d'être laid, j'ai de beaux yeux il parait, et je me trouve très beau dans le miroir. Je sais bien que mon avis ne compte pas vraiment mais il est confirmé par suffisamment de personnes pour ne pas chercher plus loin. La dernière fois que cet avis a été contredit, c'était venant de ma mère, elle qui pendant des années pour me donner confiance en moi tentait de m’assurer que j’étais le plus bel homme sur terre. Bien évidemment venant d'une mère ce compliment n'a aucune valeur, mais quand ma mère me dit "bah je comprends pas ce que toutes ces femmes te trouvent, t'es pas si beau que ça" je dois dire que c'est un peu blessant.
Bien sûr, je sais bien que Brad Pitt est mieux que moi, que Leonardo di Caprio est mieux que moi, et que moi plus jeune et plus mince est mieux que moi, mais je plais et je vais pas m'en plaindre. J'ai passé un trop grand nombre d'années sous le radar, je me suis caché, j'avais honte de moi, et en y repensant j'avais raison d'avoir honte, j'étais un petit con. Oui, en vérité je vous le dis, j'étais un vrai con. An attention whore, an asshole, un connard égocentrique, un faux timide utilisant la timidité comme arme pour atteindre la sympathie des empathiques.
Ma timidité m'a permis durant toute ma scolarité d'être le chouchou de mes professeurs, et ce n'est que vers la fin de mes études que j'ai réussi à étendre ma technique pour atteindre les femmes de mon age. Je sais que je devrais avoir honte, puisque ma technique implique d'utiliser la pitié pour attirer l'attention, mais l'attention n'est que la première étape, ce qui suit est une recette personnelle.
Quand je dis "ce qui suit" je parlais des étapes suivantes de la séduction et pas que j'allais vous l'expliquer dans ce paragraphe... vous pensiez quand même pas que j'allais vous donner ma recette du succès, pas gratuitement en tous cas. En plus si je vous faisais payer vous iriez crier à l'arnaque, et vous auriez raison. Non, vraiment, parce qu'en fait je ne sais pas ce que je fais pour plaire. Je vois bien que ça marche, je sais qu'en grande partie c'est mes yeux qui font tout, et pour celles (et ceux, ne les oublions pas) qui ont vu ma bite, cette dernière aide un peu à les garder près de moi.
Pendant que j'en suis à parler de ma bite, je me rends compte que parmi mes proches peu sont ceux qui ne m'ont pas vu nu. c'est peut-être une coincoincidence, mais ça me surprend un peu car l'idée que je me fais de moi, à la base, est celle d'un homme assez réservé, voire intime, mais quand je constate le plaisir que je prends à me balader à poil chez moi (les volets fermés évidemment) je rentre peut-être dans la catégorie des exhibitionnistes. Bien des légendes courent à propos de ma bite. Ce n'est pas à moi de les confirmer, mais tant qu'elles m'arrangent, ce n'est pas à moi de les infirmer non plus. Tout ce qui m'importe, c'est de plaire sans faire entrer ce paramètre dans la première approche. Si ça aide à conserver une partenaire dans mon lit, je suis pour, mais si c'est pour l'amener sous ma couette comme argument principal, je suis contre.
Voyez-vous, j'ai aussi un cerveau. Certes, mon cerveau est plus petit que ma bite, mais j'en ai un quand même. Je veux plaire pour ce que je peux apporter à mes partenaires. Je peux surprendre quelques lectrices déçues en disant ça, je le sais bien, mais je le pense vraiment. Il y a des choses et des pratiques que je n'aime pas, et d'autres que je n'aime que trop, mais ce que j'aime par dessus tout c'est entendre une note juste sous mes doigts. Je n'aime pas les hurleuses, de la même manière que je n'aime pas les guitares saturées, et si j'aime tant écouter de la musique pendant l'acte, ou au moins avoir de la musique en tête, c'est parce que j'ai besoin de savoir si ma partenaire est sur la même gamme que moi, si elle est accordée.
Ma voisine est violoniste professionnelle, et je l'entends répéter tous les jours (le changement de sujet peut paraître abrupt alors je précise, non je n'ai pas couché avec ma voisine) mais mon éducation musicale est passée par l'identification de la note juste. quand ma guitare est désaccordée je le sens. Je le sens plus que je ne l'entends, la fausse note me blesse l'oreille, bien que je ne l'identifie pas immédiatement. Le problème du violon est que ce n'est pas un instrument tempéré comme le piano ou la guitare donc le moindre millimètre d'écart sera déterminant.
Je suis moi même un peu surpris de plaire autant, puisque je trouve que j'accuse quelques kilos en trop. De mon point de vue, j'en ai trois à perdre, d'autres diraient que j'en ai trente de trop, et je suis assez sûr qu'en musclant un peu mes abdos on y verrait que du feu. Physiquement je ne suis pas un sex symbol, et chacun de mes gestes me demande un effort certain. De plus, j'ai moins de souplesse qu'un manche à balai, ce qui ne me facilite pas les choses lors des galipettes, donc je me demande encore ce qui fait que mes partenaires me trouvent, et pourquoi elles tiennent tant à me revoir.
C'est vrai que, au risque de blesser quelques lectrices, mes partenaires ne sont pas non plus des mannequins, mais comme je le disais quelques lignes plus tôt, moi non plus. Ce que j'offre cependant n'est pas quelque chose à regarder, ni vraiment quelque chose à entendre non plus. Je donne l'illusion d'un intellect supérieur, mais c'est juste un vocabulaire ad hoc qui donne le change, je suis aussi con que la moyenne. Je donne l'impression de savoir écouter, mais pour de vrai je ne fais qu'acquiescer. Je regarde dans les yeux et mes yeux disent quelque chose qui est généralement entendu comme "oh oui, prends-moi grand fou" quand derrière mes yeux mon esprit dit juste "bon, quand est-ce qu'elle se barre histoire que je puisse me branler tranquillement".
J'utilise un peu ma bite pour plaire, c'est vrai, bien que je m'en défende, mais ce dont je suis fier, vraiment fier, c'est mes doigts. Et ça tombe bien, c'est par les doigts que je procure le plus de plaisir, mais aussi par les doigts que j'en prends le plus. Je me souviens d'une ex qui me disait au lit "oh connard de guitariste" à cause de la vitesse que les doigts de ma main gauche pouvaient atteindre. Oui, je sais que des yeux chastes ne voulaient pas forcément savoir ça, mais je vous emmerde, j'écris pour moi et pas pour vous. Je me souviens aussi d'une femme avec laquelle je n'ai pas couché (et heureusement d'ailleurs, la rumeur veut qu'elle soit une mst sur pattes) m'a regardé d'un autre œil à partir du moment où elle a senti mes doigts dans son dos. J'ai ce talent d'être très tactile.
Désolé de parler uniquement de sexe, mais ma vie ces derniers temps ne contient que ça. Enfin presque. Je suis beaucoup moins dépendant de l'alcool depuis deux mois. Certes je bois toujours un peu plus que la plupart des gens, mais je bois énormément moins qu'avant. Je dois dire que je suis le premier surpris, je pensais qu'en vivant seul et donc n'ayant personne pour me donner mauvaise conscience je boirais plus, mais l'inverse s'est produit. Je l'ai fait pour moi et pas pour vous. Après tout, je vous emmerde. Je vous aime aussi, mais vous pouvez aller vous faire foutre. Oui, vous tous, les moralisateurs, les objecteurs de conscience, vous tous qui pensez avoir toujours raison, vous pouvez aller vous rhabiller parce que c'est pour moi que je le fais, et pas pour vous. Bien sûr, parfois je m'offre encore une belle biture, et six litres de bière en une soirée ne me contentent pas, mais aujourd'hui c'est juste une fois de temps en temps, et plus tous les jours. Je peux me passer d'alcool plusieurs jours de suite parfois. Je ne suis pas encore en mesure de le faire sur commande, je suis ce que m'ordonne mon corps. Parfois il a envie, parfois il en a pas envie, et c'est lui qui décide. Et je l'aime parce que de plus en plus souvent il a pas envie, et c'est BIEN. Oui, les jours où je ne bois pas je suis heureux. Les états d'ébriété me rendent joyeux aussi, cependant, donc je me trouve dans une situation où je suis toujours gagnant.
Je ne suis pas le plus humble de tous, surtout en cette période de navidad, mais en toute modestie je trouve que je suis plutôt à mon avantage en ce moment.
samedi 22 septembre 2012
At least once a year
L'autre raison pour laquelle depuis quelques temps je vous délaisse un peu, c'est que la langue dans laquelle je pense n'est pas la langue principale de mes lecteurs. Quand je sors une beer de mon fridge, je ne peux m'empêcher de dire à haute voix "I hate myself so much for this", mais déjà en achetant ma biere, au moment de la mettre dans mon panier, "I shouldn't but I need it", et en la ramenant à la maison le musicien en moi commence à entonner "she's so heavy" (The Beatles, Abbey Road).
La barriere du langage n'est pas bloquante avec tout le monde, heureusement, monsieur K, Brother, B:., et d'autres très proches parlent ma langue, ma vraie langue. Je vous l'avoue aujourd'hui, Nigel n'est qu'un nom d'emprunt (pour ceux qui ne le savaient pas, mais bon je sais que tout le monde le sait, c'est pas une vraie révelation) mon vrai prénom comporte un accent aigu.
Depuis que je sais écrire mon nom, j'ai refusé de mettre cet accent, et je n'ai jamais vraiment su pourquoi. Par la suite, j'ai perdu des notes aux dictées connement lors du primaire ou du college. Je n'avais que dix-huit sur vingt de moyenne en dictée alors que je connaissais parfaitement l'orthographe de tous les mots demandés. C'est pas juste. L'accent est necessaire au participe passé, mais dans presque tous les autres cas, il ne sert à rien. Un jour quand je serai maître du monde je retirerai les accents qui ne servent à rien. Pour tout vous dire, en écrivant cette note, ça me blesse de voir un zigouigoui rouge en dessous du mot "necessaire" juste parce que j'ai oublié l'accent. Le prononcerions-nous différemment sans accent? Cet accent est il vraiment indispensable?
La langue française est la seule langue que je connaisse à ne pas avoir d'accent tonique. En espagnol il y a des signes pour indiquer que l'accent tonique n'est pas là où la grammaire l'aurait naturellement placé. En anglais par contre, ma vraie langue, l'accent tonique existe et je peux le placer naturellement, pourtant je suis incapable de dire quelle règle détermine sa position.
Mais je m'écarte de mon sujet, Un de mes proches, l'un des plus lettrés parmi mes proches, a été confronté à un con le traitant d'analphabete, et il s'est avéré que le mot sur lequel il a été repris a été francisé récemment et s'écrit donc avec l'orthographe proposée par le con précédemment cité (une graphie débile à mon sens puisqu'elle remet au goût du jour une lettre qui devrait disparaitre comme le 'K' a disparu de l'alphabet italien, d'où le titre du celebre roman de Buzati, et peut-etre les prémices de 'la disparition' de Perec) mais la graphie anglophone du mot est encore de rigueur dans tous les domaines, sauf dans le dictionnaire.
Certaines lettres n'ont plus rien à faire dans notre alphabet, l'exemple le plus flagrant étant l'esperluette '&' qui a été pendant un bout de temps la vingt-septième lettre de l'alphabet. Un autre exemple serait l'e' dans l'o' qui s'écrit œ et se prononce 'é' oui, ce même 'é' que je veux retirer du dictionnaire . N'ayons pas peur de l'envahisseur dans le langage. Tout le monde comprend que le mot 'boloss' utilisé par les arabes (je sais pas écrire en arabe désolé) qui se prononce en insistant sur les deux 'O' veut en fait dire 'molosse' qui signifie un chien méchant. En fait je ne sais pas vraiment si c'est de l'arabe ou si c'est des jeunes qui auraient oublié d'aller en cours et qui auraient en plus des problemes dans les esgourdes. Tout ce que je sais c'est que ce mot est apparu dans le vocabulaire de nos jeunes il y a dix ans et quand je l'entends dans la bouche de quelqu'un que je connais, j'ai tendance à couper les ponts avec cette personne. Ce n'est pas l'emploi du mot qui me dérange, apres tout beaucoup de mots de la langue française ne sont d'origine ni greque ni latine, mais d'origine arabe.
Pendant que j'écris cette note j'apprends qu'un celebre journal satyrique est menacé pour des atteintes à une religion en particulier. Je tiens à préciser que ni Nigel, ni monsieur C ne sont antisémites, anti-islamistes, anti-chrétiens. Nous sommes contre le dogme, mais nous sommes protecteurs du texte, avec tout ce que le texte propose comme symbolisme, comme parabole, mais surtout nous pensons que le texte utilisé comme référence doit vivre avec son temps et ses moeurs. Quand la torah dit qu'on ne doit pas manger le veau dans le lait de sa mere, pour moi ça ne veut pas dire qu'il ne faut pas mélanger la viande et les laitages, ça veut dire, pour moi et c'est une interpretation personnelle, qu'en temps de guerre, on peut tuer les hommes, on peut violer les femmes des terres vaincues, mais on ne touche pas aux enfants. Une autre interpretation proposée par une personne qui m'est proche serait plutôt économique, c'est contre productif de tuer le veau parce que si on atend un peu il y aura beaucoup plus à manger dessus. De plus, il ne faut pas oublier que les vaches ont des sentiments (je ne suis pas en train de parler de mes ex, elles n'ont pas de sentiments) il est prouvé que les vaches auxquelles on donne un nom donnent plus de lait que celles qui s'appellent 'vache24649786'
Le dilemme du polyglotte lettré c'est que c'est seulement en cas de panique que sa vraie langue ressort. quand je me retrouve à hurler "I don't want to die" dans les roller-coasters, je sens que mes "AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH" qui suivent sont en anglais, bien que ce cri soit plutôt universel.
Si j'ai choisi Nigel comme nom de scene au lieu de Robert, c'est pour sa consonance britannique (ta mère) parce que je ne me sens pas français.
lundi 10 septembre 2012
les salles obscures
La deuxième raison assez flagrante c'est le prix des place. Trois reins pour deux places de cinoche, sans déconner? Les miens sont hypertrophiés, on peut s'arranger, il y en a un peu plus, je vous le mets quand même?
Ah, le film est en trois dés, et ça va me coûter mes yeux pour voir le film... pas super au point le marketing, il va falloir développer le marché du livre audio.
Troisième raison, une fois avoir payé de mon corps (oui, mes trois reins ne suffisaient pas et mes yeux n'étaient pas d'assez bonne qualité donc j'ai du offrir mon cul) je dois supporter de la publicité.
WTF???
Whisky tango foxtrot???
Je n'ai pas de télé chez moi, c'est un choix volontaire et pas juste un manque d'espace, et j'ai mis sur mon navigateur internet préféré un puissancier (power up selon l'académie française, j'ai pas trouvé comment nos immortels disent add-on en français correct donc je triche) qui me permet de ne pas voir de publicités.
Voilà où on en est en arrivant dans la salle, je suis pauvre, j'ai mal au cul, je paye pour des lunettes alors qu'on m'a fait une ablation des yeux, (j'ai sacrifié mes deux yeux pour garder un rein, la personne qui m'accompagnait a gardé un oeil pour qu'elle en profite un peu, j'avais dit que j'offrais la place mais mes organes n'étaient pas de première fraîcheur) elle me racontera, et comme je comprends l'anglais je me contente du texte.
Il y a des sous-titres, malgré le prix des lunettes, elles ne sont toujours pas assez performantes pour retirer ces putain de sous-titres. Personne n'a encore compris qu'on ne veut pas pas de sous-titres (pour l'occasion, "on", c'est moi)
Puis vient le film, et puis un mec tousse, quelqu'un d'autre tousse, et un autre encore, et c'est comme la ola dans un stade, tout le monde se met à tousser, le mouvement est interrompu quand un téléphone sonne, et là c'est pire encore, parce que l'expression de mécontentement se déplace encore plus vite et plus bruyamment que la toux. Le mec d'à côté ouvre des bonbons, la nana de l'autre côté est en train de faire des choses que l'obscurité autorise mais que la morale réprouve, et moi tout seul, un peu frustré, je cherche à profiter du film, mais clairement au bout de dix minutes de film je sens que je serais mieux chez moi
Arrivé chez moi, puisque je voulais voir ce film, je me connecte dans la plus parfaite illégalité sur un réseau de partage de fichier, je choisis une version non interrompue par des coups de feu, et après trois jours de téléchargement (oui, j'ai un débit de merde) je peux espérer voir le film, sans sous-titres, mais enregistré à la caméra dans une séance faite pour lunettes donc la mise au point change sans arrêt, et le bruit du pop corn, le bruit des téléphones, et les gens qui se lèvent en cours de film, le volume trop fort qui fait saturer le micro de la prise de son, et j'en passe... en gros j'attendrai la sortie dvd (pour le telecharger en meilleure qualité)
Moralité, le film m'a semblé mauvais et je suis déçu parce que j'en attendais beaucoup. Ah si seulement j'avais encore mes yeux pour pleurer.
mercredi 22 août 2012
Souvenirs
Rien de tout ça n'est vrai, bien sûr mais il y a des points communs entre tous ces souvenirs, et le fait que je les sache faux me fait mettre en doute la véracité d'autres événements, au rang desquels se trouvent mes traumatismes d'enfance.
Ces derniers jours j'ai donné le même conseil à plusieurs personnes dans mon entourage: avant de blâmer les autres pour vos problèmes, commencez par chercher si le problème de vient pas de vous. Commencez par chercher tous vos propres torts, honnêtement, sévèrement, exhaustivement. ça fait mal de l'admettre au début et ce n'est pas facile de revoir en détail un épisode de sa vie et voir soi-même que la faute ne peut-être imputée à personne d'autre qu'à soi. La deuxième partie est importante si on ne veut pas finir par arrêter de vivre, car après cette première étape on croit que le monde se porterait mieux sans nous. Il convient d'accepter, et de se demander ce qu'on aurait pu faire pour ne pas passer ce moment de merde. On ne peut pas changer le passé, mais on peut s'arranger pour que ça ne se reproduise plus, et pour ça il faut admettre la totalité de ses torts parce qu'on ne peut pas compter sur les autres pour admettre que c'est leur faute, surtout si c'est pas le cas, surtout si eux s'en foutent, c'est pas eux qui ont passé un mauvais moment, c'est vous.
J'applique ce principe à mes souvenirs difficiles, et je dois aussi démêler le vrai du fantasmé. Je ne suis plus sûr de rien. Je ne sais plus si je peux encore faire confiance à ma mémoire.
question subsidiaire: Suis-je mythomane, dans le sens où j'ai inventé ces événements, ou pas, puisque c'est tout à fait non-intentionnel?
vendredi 13 juillet 2012
Prévenez moi quand on arrive
Je suis insomniaque depuis l'age de huit ans. Je dors rarement plus de quatre heures par nuit sauf le week end et encore, pour peu qu'une de mes amantes insiste j'ai pas tout mon saoul de sommeil.
Pour moi, dormir dans le metro n'est pas une option, c'est une necessité. Je ne sais même pas pourquoi je ne dors pas, mes nuits ne sont pas uniquement peuplés de cauchemars et de chimeres, je fais même plutôt de beaux reves pleins de jeunes filles et de gros nichons. Je n'ai pas peur de dormir.
Mais voilà, j'ai beau etre fatigué je ne dors pas. Alors je tourne en rond, je bois en espérant que mon cerveau saturé d'alcool mettra la cogitation sur pause, et ça marche: je ne pense plus à rien.
Mais je ne dors pas pour autant.
samedi 30 juin 2012
Attention les filles, j'ai une énorme mite
Il y a quelques jours une mite gigantesque s'est introduite dans ma chambre et brise la sérénité de mon antre.
Il y a des choses que je ne supporte pas, au nombre desquelles se trouvent la présence non désirée d'un autre être vivant dans mon espace et les bestioles.
Cette bestiole là est vraiment colossale. J'ai vécu dans des endroits où on trouve des escargots tellement gros qu'on se dit qu'on se dit qu'on va trouver un autre chemin et eviter de reveiller la bête. On serait dans un jeu de rôle on comparerait ça à une chimere et on ferait un jet de sauvegarde en cas de rencontre. J'ai vu des cafards faire peur à mon chien, j'ai vu mon chien se faire devorer de l'interieur par des vers qu'il a choppé en faisant la sieste sous le manguier. J'ai vu la bonne et le gardien faire équipe armés de manches à balais usant de mille précautions pour tuer un espece de mille-pattes vif comme l'eclair dont la morsure est mortelle. Et j'habitais en ville, en dehors de la ville c'etait pire.
Rien ne m'avait préparé à rencontrer une mite aussi grosse. Quand je vais me coucher elle se calme, heureusement, mais dès que la lumiere est allumée elle se précipite violemment contre l'ampoule dans un vacarme d'aéroport et je me demande si l'ampoule résistera à l'impact.
L'autre probleme que me pose cette mite est d'ordre ésoterique. Je suis quelqu'un de tres cartesien mais je possede de petites connaissances en sorcellerie. La présence des mites est souvent la contrepartie d'un sort. Ma chieuse etait une sorciere et l'arrivée de cette mite exactement trois ans apres sa mort et exactement quand je décide de l'accepter me semble une drole de coïncidence.
Je suis pas vraiment à l'aise.
jeudi 21 juin 2012
La fin d'une epoque (2)
J'ai eu le temps de m'en remettre, ça aura été long mais je suis vivant, je suis debout, je suis même heureux aujourd'hui (ça me fait un peu bizarre de le dire, j'ai pas encore l'habitude) et de tous les projets que j'ai sur mon avenir, même s'ils foirent tous, ça m'empechera pas d'aller bien.
Aujourd'hui j'ai fait mon deuil. Je ne dis pas que je ne repenserai pas à elle une fois de temps en temps, je ne dis pas qu'elle a fini de me manquer, mais je n'ai plus à me sentir obligé d'être triste parce qu'elle est partie. Si un jour à partir de maintenant je suis triste, ça n'aura aucun rapport avec elle. Je ne vais pas jeter les reliques que j'ai gardées d'elle, mais je ferai en sorte que mon lieu de vie ressemble un peu moins à un mausolée.
Ces dernieres années, j'ai pas mal merdé, mais là pour la premiere fois depuis longtemps je sens que je tiens le bon bout (ah tu le sens mon bout, cochonne) je suis seul maitre à bord, personne ne me dicte ma conduite, je suis libre, entierement libre. Je n'ai à me plaindre de rien, j'ai des amis, j'ai des amantes, j'ai un boulot, j'ai un toit sur ma tête, j'ai acces au web, j'ai mon intimité et mon indépendance. J'ai retrouvé mon amour propre et ma dignité.
Aujourd'hui ça fait trois ans. Beaucoup de choses se sont passées pendant ce temps, mais maintenant tout va bien.
dimanche 17 juin 2012
la fin d'une époque
Bien sûr tout n'est pas parfait, l'endroit où je vis ne me satisfait pas completement non plus, mais j'ai retrouvé une liberté de mouvement qui me manquait. Mouvement n'est pas forcément le bon mot, je manque clairement de place, j'utilise mes cartons comme support de souris, je me cogne dans mes meubles le matin en essayant de sortir du lit, j'ai pas trop la place de m'étendre.ça me force un peu à ranger mon bordel de temps en temps.
Personne ne me critique mon mode de vie un peu marginal, même si je suis toujours un peu gêné quand je croise mon nouveau colocataire. On a beau être tous les deux musiciens, on ne se ressemble pas, mais alors pas du tout. Il jette ses chaussettes quand elles ne forment pas de paires, il ne fume pas, ne boit pas, ne baise pas... il est pas rock & roll en somme; forcément ça fait un certain contraste par rapport à moi qui le suis un peu trop. Evidemment l'esprit rock & roll ne se limite pas à ces points de détails mais ce sont des exemples flagrants du monde qui nous sépare. Malgré ça on s'entend bien, je trouve. Il découvre avec moi un monde qu'il ne soupçonnait pas, et moi je m'efforce de respecter son mode de vie au maximum et à ne pas laisser trainer mes merdes un peu partout.
En gros, mis à part un manque de confort, principalement concernant le truc qui me sert de lit tout va pour le mieux.
En tous cas tout va indéniablement mieux. Mon alcoolisme n'est un secret pour personne parmi mes fréquentations, collègues de travail y compris, et personne me me casse les couilles avec ça.
En gros je n'ai pas à me plaindre, et c'est ce qui explique que je n'ai pas posté sur ce blog depuis un bout de temps, mis à part les fois où j'ai posté complètement torché depuis mon téléphone, évidemment, mais là ça compte pas, c’était pas vraiment moi.
vendredi 27 avril 2012
Fuck you
This fucking blog is supposed to be about me. Et le titre du blog aurait du vous mettre sur la voie . Don't let them think I'm only a part of you. I am you whether you like or not.
Or get lost
Bordel,on est combien là dedans?
Contre toute attente un nouveau personnage vient de se montrer. Je ne lui ai pas encore donné de nom. Il est 'obviously' la personnification de ma timidité. En lisant ce qu'il a écrit il est toujours amoureux de la petite chloé qu'on a croisé quand on avait huit ans.
Je sais que cette information là ne ressort pas lors de la lecture mais le langage correspond à ce que C pensait à cet age.
Je n'ose même plus parler de moi à la premiere personne parce que je ne sais pas qui je suis.
Who the hell am I?
Je suis paumé.
Completement. Je suis témoin des affrontement qui se déroulent dans ma tête tous les matins sauf que je n'interviens jamais. Et pourquoi le ferais-je? Après tout je ne comprends rien au boulot de M. C et je ne comprends pas les raisons qui poussent Nigel à boire. Moi je veux juste un câlin mais pas de ma maman. Des fois je ne comprends pas bien les raisons de l'affrontement entre les grands.
Moi je veux juste qu'on m'aime. Je vois C faire ses trucs au bureau. Comme je suis dedans je sais comment il procede, il tente un truc et quand ça marche pas il essaye autrement. Et une fois que ça corrige le probleme il réutilisera la même méthode à chaque fois. Aussi improductive soit-elle.
Et sur une guitare le processus est similaire. Il décide que le morceau commence sur un accord et finit sur un autre qui doit absolument pas aller avec. Et il va essayer tout pour relier les points.
On passe trop de temps à éviter de voir les gens, mais moi j'ai envie qu'on m'aime.
Nigel veut de la biere, C veut des relations sexuelles, mais moi je voudrais qu'on m'aime.
mou du genou
Je dors peu, je bois trop, je mange une fois de temps en temps, et je pense à elle.
tous les matins, j'entends mon réveil, et je suis suffisamment lucide pour l'éteindre (grâce à la grande magie de l'homme blanc et la technologie moderne j'ai un réveil qui me demande d'effectuer des opérations mathématiques pour l'éteindre donc je suis conscient au moment où j'éteins mon réveil) mais tout les matins j'ai un débat à la con dans ma tête
il y a le moi qui aime son boulot, qui veut y être à l'heure, et qui prend plaisir à voir ses collègues, et puis il y a le moi qui veut rester au lit, prendre la guitare, grattouiller des accords sans importance, sans recherche, sans envie de création
Il y a quelques temps je pensais que Nigel était celui qui composait et que Monsieur C était celui qui payait le loyer, mais j'avais apparemment tort. Nigel est celui qui va jouer ce qu'il connait déjà, mais il est complétement incapable de composer. Il est improductif, il me limite. Tous les boulots que j'ai perdu, c'est sa faute. J'en ai ma claque de partager mon corps avec ce connard de Nigel, mais il est là, et comme j'ai pas grand monde à qui parler, lui est toujours là.
Quand il prend la place, il parle à Abigaïl comme si elle était sa fille, et pas ma guitare. Quand je commande un truc au chinois d'en dessous, c'est moi qui prends des trucs à la crevette, mais c'est lui qui ajoute une bière à la fin de l'addition. Quand une nana me plait, c'est moi qui (rarement) vais faire un pas vers elle, et c'est lui qui l'envoie chier comme une merde, parce que sans moi il n'est rien, il a besoin de me voir malheureux pour continuer d'exister.
J'ai laissé Nigel m'utiliser pendant deux semaines et ça a été très décevant. Monsieur C n'est pas impuissant, lui.